Le Mali, le Burkina et Niger quittent la CEDEAO : quelle est la prochaine étape ?
- Infos du Sahel
- 28 janv. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 janv. 2024
Alors qu'ils viennent d'annoncer leur départ de la CEDEAO, le Mali, le Niger et le Burkina pourraient pousser encore le bouchon un peu plus loin.
Le Mali, le Burkina et le Niger l'ont fait. Les trois pays sahéliens ont annoncé leur retrait « sans délai » de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ce dimanche 28 janvier. Dans un communiqué conjoint signé par les dirigeants des trois Etats sahéliens, il est reproché à l'organisation communautaire d'œuvrer contre les intérêts de ses membres. Pour Bamako, Ouagadougou et Niamey, l'institution sous-régionale a trahi de sa création et serait sous l'influence de puissance étrangères. Ils en veulent pour preuve, les sanctions infligées au Mali, au Burkina et au Niger suite à la prise du pouvoir dans ces pays par des militaires.
Cette décision est intervenue pourtant dans un contexte d'apaisement entre le Niger et la CEDEAO. En effet, l'organisation communautaire qui, dans un premier temps, avait menacé d'intervenir militairement à Niamey pour rétablir Mohamed Bazoum, dans ses fonctions de président élu, a finalement privilégié la voie diplomatique et meme reconnu le coup d’Etat du 26 juillet. Lors de son dernier sommet tenu en décembre à Abuja, l'instance dirigeante de la CEDEAO, la Conférence des chefs d'Etat s'est prononcée en faveur d'un allègement des sanctions contre le Niger à condition que Niamey lâche également du lest, en libérant le président Bazoum et sa famille. Aussi un comité ad-hoc constitué de trois pays, le Togo, le Bénin et la Sierra Leone a été désigné pour mener les discussions avec les militaires du Conseil national pour la Sauvegarde de la patrie (CNSP). Depuis, des discussions étaient en cours non seulement autour de la libération de la famille Bazoum mais également sur une transition de courte durée. D'ailleurs, les pourparlers ont déjà donné leurs premières retombées avec la libération de Salem Bazoum en début d'année pour des raisons humanitaires. Qu'est ce qui s'est passé donc pour que les trois pays se retirent de la CEDEAO ?
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Pour le moment, pas de réponse claire à cette question même s'il faut souligner que les trois pays se sont inscrits ces derniers jours dans une dynamique de s'isoler des bloc et partenariat traditionnels. Ils se sont passés le mot dans leur rejet d'un partenariat exclusif avec Paris, renforçant leurs liens avec Moscou. Après Bamako qui a poussé l'opération Barkhane vers la sortie en 2022, c'est autour de Ouagadougou de dénoncer les accords militaires avec Paris avant que Niamey ne prenne le relai, obtenant fin décembre, le départ définitif des militaires Français du territoire nigérien.
En septembre 2023, le colonel Assimi Goita, le général Abdourahamane Tiani et le capitaine Ibrahim Traoré ont signé la charte du Liptako-Gourma, instituant la création de l'Alliance des Etats du Sahel (AES). Pour les dirigeants sahéliens, il s'agit de lutter plus efficacement contre les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda ou l'Etat islamique dans la région des trois frontières, considérée comme l'épicentre de l'insurrection au Sahel. Mais pas que.
Les autorités des trois Etats ont multiplié les rencontres pour discuter de la possibilité d'aller ensemble vers une Confédération, pour une intégration économique réelle. Dans ce sens, la mise en place d'une Union économique monétaire a été évoquée lors d'une rencontre qui a réuni, à Bamako, les ministres de l'Economie et des Finances des pays de l'AES. Aussi, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait du G5 Sahel, en solidarité avec le Mali qui avait déjà quitté le bloc sahélien créé en 2014 pour lutter contre le terrorisme. Ce qui semble indiquer que la prochaine étape sera le départ de ces trois pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et l’abandon du franc CFA.
En fin d'après-midi, la Commission de la CEDEAO a réagi, précisant n'avoir pas reçu notification du retrait des trois États. L'organe exécutif de l'institution sous-régionale fait savoir en conséquence que le Burkina, le Mali et le Niger restent membres de la CEDEAO non sans annoncer des discussions pour trouver une solution diplomatique à la présente crise.
I-Sahel

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